Chapitre 4 Assassin
- Explique-toi, dit le seigneur Calios.
Il ne parlait pas à moi, mais à Nal. Apparemment, il ne jugeait pas utile que je m'explique en personne. Moi, je désirais parler le moins possible, car je connaissais cet homme, et j'espérais du fond du c½ur qu'il ne me reconnaîtrait pas. J'espérais avoir suffisamment changé d'apparence suite à mon séjour dans les prisons, hélas, le regard qu'il portait sur moi était lourd de sens. Nal prit une grande inspiration et commença à conter :
- La bataille avait débuté depuis trois ou quatre heures lorsque les soldats qui se battaient dans la plaine virent leurs compagnons se faire brûler vifs. En regardant vers le ciel, ils découvrirent un gigantesque dragon noir qui les menaçait.
En observant les réactions de certains hommes, je conclus qu'ils avaient dû assister à la scène de bien plus près que moi. Vêtus comme ils l'étaient, ce devait être des chefs de guerre. J'imaginais sans mal les horreurs auxquelles ils avaient dû assister s'ils se trouvaient dans la plaine lorsque les flammes avaient consumées leurs compagnons. L'un d'eux particulièrement attira mon attention. Une petite barbe noire garnissait son visage ainsi que de longs cheveux de la même couleur qui lui tombaient devant les yeux. Il devait avoir une trentaine d'année et il émanait de lui une certaine aura. On pouvait sentir à son visage buriné et couvert de cicatrices qu'il avait l'habitude des combats. Il devait être un redoutable adversaire. Nal continuait de raconter, avec un enthousiasme grandissant, mais je ne l'écoutais plus car son histoire éveillait en moi de bien mauvais souvenirs.
Lorsque Nal eut terminé il y eut un instant de silence. L'aventure paraissait à tel point invraisemblable que je me demandais si les seigneurs la croiraient. Si je ne l'avais pas moi-même vécu, je n'aurais jamais accordé la moindre crédibilité aux paroles de quelqu'un qui prétendrait avoir chevauché un dragon. J'avais lu des histoires sur des hommes montant ces terribles reptiles ailés et pourtant dans la réalité cela n'avait rien de plaisant surtout quand le dragon ne tenait pas vraiment à ce que l'on reste sur son dos.
L'homme qui se nommait Calios se tourna vers moi et me demanda :
- Tu es bien cette personne, tu es prêt à le jurer ?
- Oui, je le jure sur ma vie, et les marques sur mes bras en sont la preuve.
En disant ces derniers mots, je montrais mes avants bras, qui étaient partiellement brûlés, et surtout couverts d'entailles faites par les pointes sur le dos du dragon.
- Cet homme...
Le seigneur Calios me désigna, avant de promener son regard sur tout ceux qui se trouvaient là, laissant une pause pour bien marquer ses paroles, avant de reprendre :
- ... est celui qui, il y a quelques semaines, à tenter de m'assassiner !
Il y eut de nombreuses exclamations. Des gens se levèrent et commencèrent à crier, à se disputer. Moi je me tournais vers Nal et vis qu'il semblait moins choqué que les autres. Ner en revanche ouvrait de grands yeux dans ma direction, ouvrant la bouche, puis la refermant, ne trouvant rien à dire.
Avant de continuer, je dois vous expliquer comment fonctionnait la cité, en espérant ne pas vous faire patienter trop longtemps avant de vous apprendre ce qu'il m'arriva ensuite. Adenador était dirigée par un conseil de cinq seigneurs, qui étaient remplacés un jour par leur fils. Ils prenaient ensemble la plupart des décisions, mais avaient chacun un domaine bien définis, dans lequel ils possédaient pleins pouvoirs. Ceux de Calios étaient notamment la guerre et la médecine. D'autres dirigeaient l'apprentissage, le commerce ou encore la construction. Tous avaient à peu près la même importance dans la cité et donc le même rang social, pourtant Calios avait réussi à séduire le peuple. Durant les débats, de nombreuses personnes finirent par se ranger de son côté, et appuyèrent ces décisions, si bien qu'il devint de plus en plus important. A présent que la cité était en guerre, son pouvoir n'en était que plus grands. Je compris que s'il décidait de me condamner à mort, les autres seigneurs ne pourraient certainement rien y changer.
Je regardai cet homme, que je haïssais plus que tout, puis répondis d'une voix calme.
- Tout comme le jour où vous m'avez arrêté, vous vous trompez. Je ne voulais pas vous tuer.
- Menteur, cria-t-il, pourquoi te croirais-je ?
- Parce que, si je l'avais voulu, je n'aurais pas échoué.
Un des hommes s'approcha de moi à grand pas et je pensai qu'il allait me frapper. Il devait très certainement en avoir envie, mais il ne voulait pas perdre son sans froid devant le conseil. Il se dressa devant moi et me dit :
- Sale chien, nous devrions te pendre sans plus tarder.
A ce moment, Nal fit quelque chose pour moi dont je lui serais éternellement reconnaissant. Il prit la parole devant le conseil et à la surprise de tous, me défendit.
- Mon seigneur, dit-il, assassin ou pas, cet homme a sauvé notre ville. N'a-t-il pas racheté ces pêchés, si toutefois, il les a bien commis ?
Le seigneur Calios le regarda étrangement, avant de répliquer :
- Ceci est une décision que je n'ai pas le pouvoir de prendre seul. Il me faut en discuter avec les quatre autres seigneurs. Ne quittez pas cette pièce, avant que nous ayons terminé.
Ner, Nal et moi allâmes nous asseoir, dans un coin, pour discuter loin du conseil, mais un des hommes s'approcha de nous. C'était l'un des chefs de guerre, celui que j'avais remarqué quelques instants auparavant. De près, il parraissait vraiment imposant et s'il ne me faisait pas peur, je n'avais cependant aucune envie de l'irriter.
- Tu as vraiment chevauché ce dragon ? me demanda-t-il, en souriant.
J'acquiesçais. Je savais qu'il n'avait pas douté de ma parole devant Calios, il voulait simplement l'entendre de ma bouche.
- C'est bien, tu as beaucoup de courage. Meltron, ajouta-t-il en me tendant la main.
Je la serrais et me présentais. Il parut satisfait et se leva pour rejoindre les deux autres chefs de guerre, mais avant de partir, il me dit sans se retourner :
- Peu importe ce qu'ils décident, je suis avec toi.
- Merci, lui répondis-je simplement.
Ce qu'il me dit ce jour là me réconforta. Je n'avais pas peur de la mort, mais posséder le soutien d'un homme tel que lui me rassura. Nous restâmes un instant tout les trois en silence, puis Nal leva les yeux vers moi. Je redoutais ce qu'il allait dire, je ne les connaissais pas depuis bien longtemps, néanmoins, je m'étais attaché à eux et j'avais peur que ce qu'avait dit Calios pût changer leur attitude envers moi.
- Je suis désolé, me dit-il.
Je m'attendais à tout sauf ça. A des reproches, des questions, ou même des insultes, mais pas à des regrets. Nal était vraiment quelqu'un d'étonnant.
- Je ne pensais pas te mettre dans un pareil pétrin, ajouta-t-il, j'aurais dû te dire ou je comptais t'emmener.
- Non, c'est ma faute, répondis-je, j'aurais dû vous en dire d'avantage.
Il y eut un silence, mais, alors que Ner s'apprêtait à dire quelque chose, les membres du conseil se levèrent. Ils avaient pris une décision. Ils s'approchèrent de nous, prêt à prononcer leur verdict. La tension était à son comble, qu'allaient-ils faire de moi ?
Enfin, Calios ouvrit la bouche. La sentence allait tomber.
voila enfin le chapitre 4 j'ai du le recommencer 3 fois parce que je ne le trouvais pas assez complet et manquant de sentiment. j'espère avoir régler ce problème en tout cas, si quelque chose n'est pas clair, faites le moi savoir tout de suite